Une retraite spirituelle, c’est bon pour la santé !

Le site internet Passeport Santé a voulu se pencher sur le phénomène des « retraites spirituelles » dans sa rubrique « La psychologie de A à Z »…

Dans nos vies mouvementées rythmées par le travail, le bruit et les activités incessantes, les retraites spirituelles sont les bienvenues. De plus en plus d’établissements religieux et laïcs proposent de faire une VRAIE pause pendant quelques jours. En quoi consiste la retraite spirituelle ? Comment s’y préparer ? Quels sont ses bienfaits ? Réponses avec Elisabeth Nadler, membre de la communauté du Foyer de Charité de Tressaint, situé en Bretagne.

Qu’est-ce qu’une retraite spirituelle ?

Faire une retraite spirituelle, c’est s’autoriser une pause de quelques jours à l’écart de tout ce qui fait notre quotidien. “Cela consiste à prendre une parenthèse de calme, un temps pour soi, afin de se connecter à sa dimension spirituelle souvent négligée”, explique Elisabeth Nadler. Concrètement, il s’agit de passer plusieurs jours dans un endroit particulièrement beau et reposant pour se retrouver soi-même et ralentir le rythme habituel. Un des points importants des retraites spirituelles est le silence. Les retraitants, c’est ainsi qu’on les appelle, sont invités à vivre, autant qu’ils le peuvent, cette pause dans le silence. “Nous proposons à nos retraitants le silence autant que possible, même pendant les repas durant lesquels une douce musique de fond se laisse entendre. Le silence permet d’être à l’écoute de soi-même mais aussi des autres. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on peut apprendre à connaître les autres sans se parler. Les regards et les gestes suffisent”. Au sein du Foyer de Charité de Tressaint, des temps de prière et des enseignements religieux sont également proposés aux retraitants plusieurs fois par jour. Ils ne sont pas obligatoires mais font partie du cheminement vers son moi intérieur, indique le Foyer, qui accueille aussi bien des catholiques que des non catholiques. “Nos retraites spirituelles sont bien évidemment ouvertes à tous. Nous accueillons des personnes très croyantes, des personnes récemment revenues à la foi, mais aussi des gens qui réfléchissent à la religion ou qui s’octroient simplement un temps de repos”, précise Elisabeth Nadler. La retraite spirituelle, c’est aussi profiter de ce temps libre pour se reposer, se ressourcer dans un vaste endroit naturel propice à la détente ou à l’activité physique pour ceux qui le désirent.

Où faire sa retraite spirituelle ?

A l’origine, les retraites spirituelles ont un lien fort avec la religion. Les religions catholique et bouddhiste recommandent à tous de pratiquer la retraite spirituelle. Pour les catholiques, c’est aller à la rencontre de Dieu et mieux comprendre les fondements de la foi chrétienne. Dans les retraites spirituelles bouddhistes, les retraitants sont invités à découvrir l’enseignement du bouddha à travers la pratique de la méditation. Ainsi, la plupart des retraites spirituelles qui existent aujourd’hui se font dans des lieux religieux (foyers de charité, abbayes, monastères bouddhistes) et sont organisées par des croyants. Mais on peut aussi faire sa retraite spirituelle dans un établissement non religieux. Des hôtels confidentiels, des villages rustiques ou encore des ermitages proposent des retraites spirituelles. On y pratique la méditation, le yoga et d’autres exercices spirituels. Qu’ils soient religieux ou non, tous ces établissement ont un point commun : ils se trouvent dans des endroits naturels particulièrement beaux et calmes, coupés de toute l’agitation extérieure dans laquelle nous baignons le reste de l’année. La nature est un acteur majeur de la retraite spirituelle.

Comment préparer sa retraite spirituelle ?

Il n’y a pas de préparation particulière à prévoir avant de partir en retraite spirituelle. Simplement, les retraitants sont invités à ne pas utiliser leur téléphone portable, tablette ou ordinateur pendant ces quelques jours de pause et à respecter autant que possible le silence. “Vouloir faire une retraite spirituelle, c’est avoir très envie de couper, avoir une soif de pause. C’est aussi se lancer un défi, être prêt à faire un exercice qui peut sembler difficile pour beaucoup : se mettre en disponibilité pour recevoir et ne rien avoir à faire absolument. Mais tout le monde en est capable, c’est une question de décision personnelle”.

Quels sont les bienfaits de la retraite spirituelle ?

La décision de partir en retraite spirituelle n’arrive jamais par hasard. C’est un besoin qui survient le plus souvent à des périodes de la vie marquantes : gros coup de fatigue professionnel ou émotionnel, une rupture, un deuil, la maladie, un mariage…etc. “Nous ne sommes pas là pour trouver des solutions à leurs problèmes mais pour les aider à y faire face au mieux en leur permettant de déconnecter pour réfléchir et prendre soin d’eux”. La retraite spirituelle permet de se reconnecter à soi-même, de s’écouter et de relativiser beaucoup de choses. Les témoignages de personnes ayant vécu une retraite spirituelle au Foyer de Charité de Tressaint le confirment.

Pour Emmanuel, 38 ans, la retraite spirituelle est arrivée à un moment de sa vie où il vivait sa situation professionnelle comme un “échec complet” et était dans une “révolte violente” contre son père maltraitant durant son enfance : “J’ai pu entrer dans une démarche de réconciliation avec moi-même et avec ceux qui m’ont fait du mal, plus particulièrement mon père avec lequel j’ai pu renouer des relations. Depuis, je suis dans une paix et une joie profonde. Je renais à une vie nouvelle”.
Pour Anne-Caroline, 51 ans, la retraite spirituelle a répondu à un besoin “de faire une pause et de voir les choses autrement”. Après la retraite, cette mère de quatre enfants s’est sentie “extrêmement sereine et profondément posée” et avoue n’avoir jamais ressenti un tel “repos intérieur”.

Rédaction : Annabelle Iglesias
Journaliste
Juin 2019

Des « Reines du shopping »… à une retraite en silence !

TÉMOIGNAGE / Volubile et toujours en quête de fantaisie – elle a participé à l’émission Les Reines du Shopping sur M6 ! – Nathalie Chéreau a vécu une douce retraite au Foyer de Charité de Tressaint.

La vie de Nathalie est depuis longtemps faite de rebondissements. Des virages professionnels d’abord qui l’ont conduite à quitter le service de communication du Ministère de la Culture pour s’installer dans le Grand Ouest où elle a accompagné son mari dans la création d’une entreprises d’arboriculture. Des rebondissements spirituels également dans la vie de cette maman de trois enfants.

Élevée dans une famille de tradition chrétienne, ayant reçu les sacrements « de base », mariage inclus, Nathalie s’est ainsi progressivement éloignée de la foi de son enfance. « Entre le travail, les enfants et prise par de nombreux engagements, j’ai décroché », confie Nathalie. Le décès de sa maman il y a une quinzaine d’années agit sur elle comme un électrochoc. « Le soir de son enterrement, j’ai comme été traversé par Dieu. J’ai senti qu’Il existait et qu’il me disait que ma maman allait bien. » Nathalie se tourne brièvement vers l’Eglise. Puis reprend son existence loin de Dieu.

Les Reines du Shopping pour fêter ses 51 ans

Toujours en quête de fantaisie, aimant prendre des risques et curieuse, Nathalie est sélectionnée pour participer à l’émission Les Reines du Shopping sur M6 et présentée par la « magnifaïque » Christina Cordula. But de cette émission : être la meilleure « acheteuse » de l’émission parmi cinq concurrentes. Pour Nathalie, l’occasion de s’offrir une semaine de vacances tous frais payés à Paris. Et une façon exotique de fêter ses 51 ans.

Le retour du côté de Pornic est brutal. « Un coup de gel nous a fait perdre plus de 40% de notre production arboricole », raconte Nathalie. Le couple bat de l’aile. Battante, détestant les échecs, Nathalie l’extravertie cherche des solutions dans la médecine, la psychologie. Se bat comme une lionne pour sauver son couple. Et finit par s’écrouler. « C’est à ce moment que j’ai fini par appeler Dieu à l’aide. »

« Une semaine sans parler ? Impossible ! »

Elle demande de l’aide à son beau-frère et à sa belle-sœur, un couple « profondément croyant ». Ceux-ci l’invitent à intégrer un parcours Alpha, qui propose de (re)découvrir la foi chrétienne. A son terme, un ami prêtre lui parle d’une retraite au Foyer de Charité de Tressaint, situé en Bretagne à quelques kilomètres de Dinan.

« Une semaine sans parler, cela me semblait impossible », se souvient la volubile quinquagénaire. A sa grande surprise, elle découvre rapidement les bénéfices de l’absence de paroles. « Le silence permet de mettre en éveil nos autres sens. On s’émerveille de tout, de la beauté de la Création, du bon goût des plats qui nous sont servis et dont on sent qu’ils sont préparés avec beaucoup d’amour. » Elle poursuit : « Mon vocabulaire s’est spontanément enrichi de mots comme patience, silence, pardon, paix intérieure, nouveaux pour moi. »

Comme dans un cocon

Nathalie goûte cette semaine pour refaire ses propres forces. A travers les enseignements, les rencontres avec un prêtre, elle revisite les fondements de la foi chrétienne, se plonge dans la Bible. Nathalie fait l’expérience de la miséricorde divine grâce au sacrement de la réconciliation. « Au foyer on se sent entouré, rassuré, aimé, comme dans un cocon : tout y est calme, paisible, plaisant : du merveilleux parc aux sourires et à la présence silencieuse mais bienveillante des accueillants du foyer. Tressaint est un lieu superbe, les chants de messe sont beaux. L’amour et la « positive attitude » ressentis permettent d’entrer dans l’espérance », assure Nathalie qui est sortie regonflée de cette retraite. « Je suis restée la même Nathalie, la foi en plus », s’amuse-t-elle.

Une retraite ? C’est vital pour lui !

Pierre-Louis n’imagine pas laisser passer douze mois sans faire l’expérience d’une retraite spirituelle dans un Foyer de Charité. Chaque année, il plonge et il adore ça !

Témoignage vidéo

LE PARISIEN « Spiritualité : vive la retraite ! »

Le quotidien « Le Parisien / Aujourd’hui en France » publie un dossier spécial sur les retraites spirituelles

(Edition du 15 août 2016) LE FAIT DU JOUR : Cet été, les Français s’occupent de leur âme. Ils tentent de plus en plus l’expérience d’un séjour coupé du monde.

Le village des pruniers, plus gros monastère bouddhiste européen, réparti dans quatre hameaux près de Bordeaux (Gironde), affiche complet pour l’été. A l’abbaye bénédictine de Ligugé (Vienne), le nombre de « retraitants » est passé de 1 500 par an en 1980 à 4 000 aujourd’hui. Les Foyers de charité, qui se consacrent à 100 % à l’accueil des visiteurs dans les règles chrétiennes, vont accueillir au moins 50 000 personnes cette année dans leurs 78 foyers dans le monde.

Cette organisation catholique, qui fête cette année ses 80 ans, vient de mener une étude sur le profil de ceux qui passent dans ses murs. Résultat : il change. « Ce ne sont plus uniquement les grenouilles de bénitiers, mais également des personnes qui traversent une période difficile ou des curieux, qu’ils croient ou pas », explique Honorine Grasset, des Foyers de charité.

Ce qui fait du bien à ces « touristes spirituels », de plus en plus nombreux ? Rompre avec la cadence trépidante de tous les jours, « comme un hamster qui tourne dans sa roue », précise Honorine Grasset. Sans oublier les tarifs pratiqués, très modiques, parfois autour de 15 € la nuit. Et puis, il y a le silence, la possibilité de faire des rencontres inédites, de s’écouter, d’être face à soi-même. Et de réfléchir au monde tel qu’il va.

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TEMOIGNAGE : Damien rêvait d’une pause

« Je me suis assis , jeudi, trois quarts d’heure sur le parapet pour admirer la vue de la vallée qui s’étend au pied du monastère. Ne rien faire, admirer, un luxe que je ne m’étais plus permis depuis je ne sais plus quand… », rapporte Damien, qui a achevé ce vendredi une semaine avec sa femme et ses deux filles de 3 ans et 1 an et demi dans le Foyer de charité (…).

Et il en est ravi. « Je me sens épanoui. Ce séjour m’a fait du bien », explique ce consultant industriel de Saumur. A 37 ans, il a choisi de passer pour la première fois une partie de ses congés en retraite spirituelle, « sans être pratiquant, ni croyant », insiste-t-il.

C’est Julie, son épouse, catholique et habituée du lieu, qui lui a donné l’envie. « Elle partait sans moi et revenait chaque année lumineuse », sourit-il. Et le couple a vécu ces derniers mois intensément : construction de leur maison, naissance de leur deuxième fille… Damien souhaitait une pause : « Je me suis souvenu d’étés, adolescent, perdu en pleine nature en Vendée. Je voulais retrouver ça. Le silence, de vraies vacances. »

Alors, la règle de la communauté, sans parole lui a plu. « On entend la nature, le bruit des pas, les fourchettes, des choses simples. » La communion avec les autres par quelques chuchotements ou un regard est « une expérience à vivre », selon lui.

Si le site est splendide, Tressaint « n’est pas un hôtel de luxe », précise Damien. Les conditions d’accueil sont simples, la famille a apporté draps, serviettes… mais, et ce n’est pas le cas dans toutes les retraites catholiques, ici, les couples mariés dorment ensemble. Ils ont aussi profité de leurs enfants au moins deux heures par jour. Le reste du temps, des bénévoles gardent les 0-9 ans. « Etre déchargé des contraintes du quotidien est très agréable pour de jeunes parents », confie le papa.

Cet athée a même pris goût aux enseignements où l’on commente la Bible, « une partie de notre culture que je connaissais mal ». Il a même apprécié le « chapelet » qui, de l’extérieur, a tout l’air d’une punition d’écolier. A 18 heures, c’est le moment où l’on récite cinquante fois d’affilée le « Je vous salue Marie ».

A noter qu’il existe des retraites d’un week-end ou de six jours pour les jeunes, les couples ou les familles. La participation aux frais est libre selon ses moyens.

www.lesfoyersdecharite.com.

Le Parisien

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